/ Prospection

Pourquoi un seul e-mail ne décroche jamais un distributeur (et pourquoi la régularité, si)

2 min de lectureJournal vin/tr

La plupart des producteurs abordent la distribution comme un seul jet de dés. Un bon e-mail, un carton d'échantillons, un grand coup sur un salon, puis l'attente. Quand rien ne revient, ils en concluent que le vin n'allait pas, que le marché était fermé, ou que c'est simplement comme ça. Presque toujours, le problème n'était pas l'argumentaire. C'est qu'il n'y en avait qu'un.

/ Les importateurs répondent rarement au premier contact

Mettez-vous de l'autre côté de la boîte de réception. Un importateur avec qui il vaut la peine de travailler est occupé, a déjà un catalogue plein, et est sollicité en permanence. Votre premier e-mail arrive un jour où il est débordé. Ce n'est pas qu'il n'aime pas votre vin. Il ne l'a jamais vraiment vu. Ce n'est pas propre au vin. Dans toute la prospection commerciale, la grande majorité des réponses arrivent après le premier message, pas grâce à lui.

Les producteurs qui percent l'ont compris. Le premier e-mail n'est pas la demande. C'est la présentation. Le deuxième, quelques semaines plus tard, apporte un nouvel angle : un nouveau millésime, une note récente, une raison de regarder à nouveau. Le troisième est un dernier coup discret à la porte. Certaines des meilleures conversations de la filière naissent de ce troisième e-mail, d'un importateur qui n'était simplement pas prêt les deux premières fois.

/ Le timing est ce que vous ne pouvez pas forcer

Le besoin d'un importateur est une cible mouvante. Il perd un fournisseur, un acheteur lui réclame quelque chose de votre région, une place se libère sur sa liste. Vous n'avez aucun moyen de savoir quand ce moment arrive. La seule façon d'être là quand il survient, c'est d'être présent dans la durée, pas en une seule salve.

C'est tout le problème du grand coup unique. Un salon, ce sont trois jours frénétiques par an. Un e-mail isolé, c'est un instant dans le mois d'un importateur. Ni l'un ni l'autre ne coïncide de façon fiable avec le moment où il est réellement prêt à acheter. La régularité, si, parce qu'elle couvre le calendrier.

/ Du rythme, pas du volume

Ce n'est pas un plaidoyer pour envoyer davantage. C'est un plaidoyer pour envoyer régulièrement. Une séquence mesurée, étalée sur des semaines, qui atteint les bons importateurs sur les marchés où votre vin a sa place, l'emportera toujours sur un coup unique plus bruyant. La donnée vous met devant les bonnes personnes. La régularité transforme cela en accords.

C'est aussi la partie que les producteurs ont le plus de mal à tenir seuls, entre les vendanges, la mise et tout ce qu'un domaine en activité réclame. Ce qui est précisément l'intérêt de bâtir un système qui maintient le rythme pendant que vous vous occupez des vignes.